autoportrait à la palette

L’autoportrait à la palette est peint entre 1878 à 1879 par l'artiste français Édouard Manet. Il créa un autoportrait satirique de lui-même où il s'imagina en tant que peintre dans une position élégante devant un fond sombre. Cet artiste représenté porte un haut chapeau noir et une veste brune, sous laquelle se trouve une chemise blanche. L’artiste tient dans la main gauche un tableau avec des pinceaux. Il ne représente aucun autre accessoire. Le tableau est éclairé par la gauche, ainsi, on voit de l’ombre sous le bras gauche et la moitié droite du visage. Son personnage est légèrement tourné vers la droite, de sorte que la moitié droite du corps est plus sombre que la moitié gauche. Le regard du peintre est dirigé vers l'avant, vers le spectateur.

Grace à une analyse aux rayons X de la peinture, il fut découvert que Manet avait peint son autoportrait à la palette sur un portrait de profil de sa femme Suzanne Manet. Sur cette photo, elle était représentée dans une pose similaire à celle de la peinture de madame Manet au piano en 1868. Manet avait utilisé la veste même qu'il portait dans son autoportrait à la palette avec de la peinture en 1879 pour la représentation du fils du propriétaire d’un restaurant.

L’autoportrait de l'artiste baroque Diego Velasquez dans « les Ménines » était une inspiration particulière pour Édouard Manet. Dans cette oeuvre de Valasquez, le peintre, qui travaille aussi sur un tableau, se trouve presque au fond de son atelier, tandis que ses modèles occupent le premier plan. Entre 1865 et 1870, l’artiste Manet peint Velazquez dans une scène dans laquelle il pose de la même façon que dans son autoportrait.

En 1870, Manet s'était fait représenter par le peintre Henri Fantin-Latour. En 1875, l’artiste Renoir avait également peint Manet en costume et chapeau. Comme Velazquez avait utilisé ses vêtements pour souligner sa proximité avec la cour d'Espagne, les vêtements de Manet montrent son rôle en tant qu'artiste élégant.

Bal masqué à l'opéra

L'Autoportrait à la palette est le seul autoportrait de Manet dans lequel il se décrit comme un artiste. Il se dépeint dans plusieurs autres tableaux, mais presque toujours comme l'une des nombreuses figures dans une grande composition. Ces travaux comprennent la pêche entre 1860 et 1861, la musique aux Tuileries peint en 1862 et Bal masqué à l'opéra peint 1873.

Après la mort de Manet, les deux tableaux furent accrochés de chaque côté de la peinture de Faure en 1877. Mais, Juliet Wilson-Bareau fit la remarque que Manet n'avait probablement pas l'intention de les afficher de chaque côté du portrait de Faure.

Cette peinture a été considérée comme avoir une valeur artistique que d'autres œuvres de Manet n’ont pas.

Wilson-Bareau proposa une explication sur l'origine des autoportraits. Lorsque son historien de l'art et biographe, Adolphe Tabarant a demandé le point de la situation au beau-fils de Manet, Léon Leenhoff dans le temps où il avait été frappé par la syphilis. Leenhoff a donné en 1879 une réponse, ce qui expliquerait pourquoi Manet, qui n'avait jamais de sa vie peint un autoportrait, en avait peint deux dans la même année. Manet avait face à la réalité de sa mort prochaine désiré revenir en bons termes avec lui-même.

Le neveu de l'artiste, Edouard Vibert, entre 1867 et 1899 a terminé peu de temps avant sa mort, une série de copies de différents tableaux de Manet pour Madame Manet comme des souvenirs, des peintures qui ont dû être vendus après la mort de l'artiste. Vers la fin du vingtième siècle, une copie de l'autoportrait à la palette a été attestée et attribuée à Vibert.